“Au fond, toute âme humaine est cela : une fragile lumière en marche vers quelque abri divin, qu'elle imagine, cherche et ne voit pas.”

André Maurois


mardi 20 septembre 2016

Quand Google modélise nos esprits…

Sur un blog, je lis la litanie bien connue de tout ce qui ne va pas sur cette planète de merde, avec des «  vrais chiffres du réel vrai de la Vérité »  - et donc totalement incontestables - que des savants experts ont collectés au terme d’une vie de labeur harassant pour les compiler de manière à nous culpabiliser à mort d’être responsables de cette gabegie planétaire. Car bien entendu, ces experts ne sont personnellement responsables de rien dans tout ça. Ce sont des observateurs, qui, probablement nous regardent depuis une planète lointaine, belle, propre et écologique en diable. 
 A mort, disais-je, car  on se demande pourquoi on y reste sur cette Terre expertisée par les Professeurs Nimbus de toutes indisciplines. Parce, franchement, mieux vaudrait se suicider en espérant enfin le Paradis Terrestre et la compassion du Grand Saint-Pierre, nous pardonnant  d’avoir mis fin à nos jours, alors que c’est interdit par la Loi Divine: Cf page 5.962 du Tome IV.
Et donc nous irons tous au Paradis (avec Vanessa), comme le prophète Polnareff  nous l’a promis.

Moi, vous ne connaissez, je suis pas du genre à apprécier qu’on me prenne pour un con. J’ai donc eu l’idée, aussi sotte que grenue, d’aller à la recherche des éléments montrant que depuis quelques siècles, tout ce qu’on reproche aujourd’hui d’exister, avait quand même quelque peu amélioré les conditions de vie de l’homo sapiens. J’avais le vague sentiment - à titre de simple exemple - que mieux vaut bénéficier de la médecine actuelle, que celle du temps de Molière (le poumon vous dis-je ! le poumon !) 

Naïvement j’ai consulté monsieur Google, qui en connait un rayon de bibliothèque de la vie sous toute ses formes. J’a donc tapé :
« amélioration des conditions de vie »
Et bien, la très grande majorité des sites auxquels on me renvoie concernent … la dégradation des dites conditions…
Les « études-choc » des zéconomites-je-sais-tout, démontrent STATISTIQUES À L’APPUI que : « c’était bien mieux avant » … avant quoi ? heu …. mystère…. 
On vous dit « avant » ! : c’est clair non !!

Glané au hasard concernant cette amélioration :
- 1 milliard de personnes sur terre n’ont tout simplement pas de toilettes
(ça nous en fait quand même 6,5 milliards qui chient aux bons endroits…)

- Près de 375 000 tonnes de matières fécales sont déposées dans la nature. 
(faut arrêter de déféquer dans les sous-bois quand on a la colique en rando !)

Un seul gramme contient jusqu’à 10 000 virus dont la poliomyélite et un million de bactéries responsables de la dysentrie, de la diarrhée ou du choléra.
(Oui bon moi je m’en tape : la polio ! Je l’ai déja ! nananèèèreuuu !!)

-  La France compte entre 4,9 et 8,5 millions de pauvres. Entre 2004 et 2013, le nombre de personnes concernées a augmenté d’un million au seuil à 50 % du revenu médian, principalement sous l’effet de la progression du chômage.
(Entre 4,9 et 8,5 ?? Faudrait recompter à mon avis, parce là, la marge d’approximation est impressionnante. Nimbus aurait-il égaré sa calculette ? - Les pauvres sont priés de se présenter au point de comptage le plus proche).

J’ai même trouvé un « cours de géographie » pour les collégiens proposant la la question suivante :
-Problématique : Comment les sociétés humaines peuvent-elles améliorer leurs conditions de vie et subvenir à leurs besoins sans compromettre la satisfaction des besoins des générations futures ?

Intéressant non ?
Sauf que les  SEULES pistes de travail proposées sont :

Plan : Pour répondre à cette question, il faut aborder la situation à travers trois questions
I. Quelles sont les inégalités de développement à travers le monde ?
2. Quelles sont les inégalités à l’échelle nationale ?
3. Quelles sont les inégalités à l’échelle régionale ?

On sait qu’il y a des profs déprimés dans l’EducNat, mais celui-là il devrait prendre un congé maladie et … essayer le gaz ? (comme lui aurait conseillé Coluche)

Parce que :  question regard sur des PISTES DE SOLUTIONS…. nada ! Que kouic ! Zéro ! oualou !

Etc… Etc… Etc… Etc…  je pourrais en remplir des pages….

Je rappelle que je cherchais « CE QUI S’EST AMÉLIORÉ !!! »

Autrement dit, dès que vous cherchez ce qui progresse dans le monde, ce qui avance vers un « mieux » Google vont démontre, sites de référence googlesques à l’appui, que RIEN ne va bien, et certainement pas mieux, nulle part !!

Google et autres du même tonneau, nous formatent la tête, dans le sens du pire. Et on s’étonne que tout le monde finit par être prêt à se ruer dans les bras du premier -de la première - politicardeuse qui promet le bonheur en barres énergétiques chez Auchan et Leclerc, dès qu’on se retrouvera « entre bons français » uniquement.


Alors bon !
Qu’on me comprenne bien, Je suis bien conscient des problèmes difficiles, des impasses de nos sociétés, des errements, des souffrances des êtres, des miennes,  de la pauvreté, et tous les maux de la terre. Je ne suis pas un optimiste enfariné, un dégoulinant de bons sentiments qui résolvent tout, un hurluberlu utopisé,  et tout ce que vous voudrez ; Je n’attends pas un quelconque Messie, un Zhomme providentiel,  comme on cherche une pissotière parce que ça urge ! 

Mais dans même, s’il n’y a pas une fenêtre de clarté, un cap possible, une espérance rationnelle, un constat d’une trajectoire qui nous a conduit des frontières de l’animalité à l’humanisation en marche irréversible vers, …   si possible un mieux…. alors il faudrait en terminer avec l’Aventure sur cette petite planète dérisoire dans l’immensité des Univers…

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Et pour compléter notre avenir merveilleux, une petite citation sympathiquement effrayante de cet excellent analyste des nouvelles technologies : Evgény Morozov (son book : « pour tout résoudre cliquez ici ») :
« Le projet de Google est de créer un guidage existentiel, une sorte de GPS existentiel, qui nous dira comment manger, dormir, travailler. Nous serons sanctionnés en cas d’incartade. Le jour ou la GoogleCar sera en service, vous vous rendrez d’un point à un autre comme le souhaite le logiciel régulateur. Adieu la flânerie… Et si vous sortez du chemin optimisé que l’on vous a tracé, votre employeur et votre femme le sauront. »
 (in Philo magazine)




vendredi 16 septembre 2016

Tentative.

Après un premier livre sous forme de lettres autobiographiques, puis un second reprenant des pensées personnelles dites « plongeantes » ! Un 3ème book : recueil de nouvelles est en cours de publication.
Je pense (enfin à ce jour) en avoir terminé avec une écriture introspective.
Il y a déjà un moment que l'idée me tente d'écrire un petit roman. Quelque chose de court. Je ne suis pas capable de faire des digressions vers un truc qui aboutit à 350 ou 400 pages…
On m'a souvent dit que j'étais « pas trop mauvais » pour des « nouvelles ».
Probablement que je continuerai à écrire en ce sens.
Mais j'aimerais aussi tenter ce court roman.

Tenter… c'est commencer quelque chose… qu'importe… commencer…
Alors ce matin, comme je l'avais pas grand-chose au programme, ce qui ne sera pas le cas dans les jours qui viennent, et bien je me suis lancé…
J’ai juste besoin d'un point de départ. Un truc comme ça qui passe… 
Ce matin j'ai lu un billet de Gazou  : « où sont nos racines ? ». Il y est question de maisons.


Et si je partais d'un homme qui a le sentiment de ne pas avoir de maison, pas vraiment de racines ?
Pourquoi pas !… Aller zou ! …  Écrire. Et voilà ce que ça donne :

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Charles en avait entendu plus d'un évoquer des souvenirs charmants de la maison de leur enfance. La cuisine chaleureuse et ses odeurs suaves ; le grand salon familial, terrain de jeu occasionnel, salle des fêtes temporaire, où fusaient les rires ; la chambre douillette où maman venait déposer des baisers tendres, lire un livre avant l'endormissement ; le bureau de papa ou l'on ne pouvait entrer sans sa permission, parce que, certainement, il cachait des secrets, mais peut-être un jour, quand on sera grand, il autorisera d’y avoir accès.
C'était toujours avec un pincement au plexus qu'il tentait d'écouter, voire de sourire à son tour à ses évocations, qui en réalité faisaient descendre un froid glacial le long de son échine.

Charles n'avait pas de maison de son enfance. Il voulait dire pas de maison chaleureuse. Il avait vécu dans plusieurs grandes bâtisses avec des murs, un toit et des fenêtres. Dans sa tête il n'arrive pas à les remettre dans l'ordre chronologique. Sauf la dernière habitation. Un immense appartement, dans une maison haussmannienne,  tout aussi froid. Des plafonds trop hauts, des fenêtres immenses qui vibraient aux bruits de la rue, et ces placards grinçants de haut et bas, parce que personne n'avait l'idée de lubrifier les pommelles, pas même lui.

Puis, Charles était parti vivre sa vie. Ailleurs. Les auteurs de ces jours déménagèrent, pour une vieille bâtisse, soi-disant historique, entre plaine et montagne, emportant tout, y compris ses propres affaires qu'il avait laissées.
Les parents étaient morts depuis plus d’un an. Il avait les clés chez lui, mais il n'était jamais allé « là-bas » depuis leur décès accidentel. On avait retrouvé la vieille bagnole au fond d’un ravin du Vercors 12 jours plus tard. Les oiseaux et bestioles diverses avaient commencé leur salutaire travail de nécrophages.

Le soleil était au zénith. Éblouissant. Charles plissa les yeux en sortant de sa Toyota, instantanément envahi par une bouffée d’ai chaud et moite. Vive la clim’ ! Les clés de la fameuse demeure « historique »à la main, dans ce village perdu au fond d'une Ardèche abandonnée, il se dirigea vers la bâtisse, qui était désormais à lui, le fils unique. Une voiture qui arrive, moteur vrombissant, crissement des pneus sur les cailloux avaient rompu un soi-disant charme bucolique. Ça attire le voisinage. Une femme, cheveux et tablier gris sale, était sortie de sa maison. À vue d'œil 80 ans sonnés. il s'était avancé. — « Je suis le fils de… ». Elle était restée silencieuse, l'œil suspicieux, le rictus indéfinissable. Elle avait dit : — « Qui ça ? ». Il n'avait pas répondu. Elle le regarda ouvrir la porte qui résista dans un premier temps. Il fallut un coup d'épaule.
Ça puait le renfermé. Le moisi. Les excréments.
Pourquoi donc était-il venu ?

Aujourd'hui, à 46 ans, Charles habite une maison indéfinissable en banlieue parisienne. Pas vraiment petite, pas vraiment grande. Un peu à la campagne, un peu à la ville. Un peu n'importe quoi en quelque sorte. Ils sont quatre là-dedans. Une femme, deux gosses, lui. 
Est-ce que c'est « sa maison » ? Juridiquement oui, il en est propriétaire. Affectivement non. Il ne s'est jamais senti chez lui vraiment nulle part. Pourtant, il croit aimer ce lieu. Il s'y efforce. Il faut bien un jour ou l'autre prendre racine quelque part. C'est ce qu'il croit. Mais est-ce vrai ? Est-ce qu'il croit vraiment à quelque chose ? À peine en lui. Pas beaucoup dans les autres.
Il a toujours douté que ceux qui l'ont élevé aient été ses véritables géniteurs. Oui il sait, la femme lui a dit que c'étaient des gamineries de gosse qu'il maintenait. Quel adolescent n'a jamais douté que ses parents soient ses parents ? C'était d'une telle banalité !
Et cependant…

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Où vais-je avec « ça » ? 
Je n’en sais rien. 
pour l'instant, c'est évidemment brut de décoffrage… peut-être qu'il ne restera rien de tout ça
Faudra demander à Charles.
Lui seul sait … si je le garde, c'est lui qui va mener mon écriture… pour l’instant je fais connaissance avec lui. Je le découvre. On verra si ce type là me plaît !

Sinon j'inventerai Albert !





lundi 12 septembre 2016

musulmane ordinaire....

— « Je ne pourrai pas venir lundi au rendez-vous… » , me téléphone-t-elle.
— « Ah ! Dommage ! Tu as une empêchement ? » que je demande.
— « Oui, enfin non, c’est l’Aïd ! »

Elle a un beau visage Asma… Elle porte très bien son prénom qui justement veut dire cela…
Le voisin d’en face m’a pas encore osé une quelconque réflexion sur cette femme au foulard qui entre chez moi…. Enfin, sauf des généralités d’usage, assez light, sur « ces gens-là » qui bien sur devraient faire plus d’efforts pour se « faire accepter » des français… 
Elle est française Asma… mais bon…. musulmane…. pratiquante qui plus est… Donc… pas vraiment-vraiment-vraiment française, hein !
Elle est malheureuse dans son coeur Asma, parce que tous ces terroristes…. qui finalement défigurent son beau visage….

A l’heure où j’écris ces lignes, elle est certainement à la Mosquée, pour la prière sollennelle.
Et puis, il y aura cette histoire du sacrifice du mouton… égorgé selon le rite.
Elle aime pas trop ça Asma, mais c’est « la religion »…. Ce sont ses fils qui s’occupent de « ça ». Puisqu’il n’y a plus de « chef de famille »…

— « Je te rappellerai, j’ai encore besoin de te parler »….

Oui, tu rappelleras. Quand ? Je ne sais…. 

Mais tu le feras un jour, je le sais aussi….

(ah au fait, elle bosse dans une grande multinationale, comme ingénieur....)



jeudi 8 septembre 2016

Naissance ! ...

Il est temps que je vous parle du dernier-né d'Alain Rohand !
C'est un garçon ! : Oui, un livre…
Cela aurait pu être une fille ! : Oui, une œuvre…
Ce ne sera qu’un modeste petit bouquin en forme de recueil de « nouvelles ».

C'est donc très différent de mes deux premiers ouvrages qui étaient plus personnels et introspectifs.
Là, c’est de la pure fiction !
J'ai cependant souhaité mettre en scène des personnages quelque peu « borderline ».
Je vous conseille de changer de trottoir si vous en croisez un sur votre route !
Je ne vous invite pas non plus à « tomber en amour » de l'un ou de l'une d'entre eux/elles. Vous iriez au-devant de mésaventures…

Bon, ce dernier-né traîne encore dans les couloirs de la machine à produire…
Patience ! Patience !
Je vous en dirai un peu plus bientôt…


Pour l’instant en voici la couverture ... probable... :