“Au fond, toute âme humaine est cela : une fragile lumière en marche vers quelque abri divin, qu'elle imagine, cherche et ne voit pas.”

André Maurois


vendredi 2 décembre 2016

Relation humaine

image du net


RELATION HUMAINE ENFANTINE

*


Dans les ordures 
Je cherche ma nourriture 
Vos déchets je triture 
Infâme pourriture 

C’est ma déconfiture 

Un cœur pur 
était ma vraie nature 
Désormais je suis dur 
Jugé sur mes blessures 

C’est ma fracture 


Roulez dans vos voitures 
Vos regards d’imposture 
Sont une vraie torture 

C’est ma devanture 

Le jour est nuit obscure
où j’offre ma fêlure
corps en bariolures
salissez ma figure

C’est ma désinvolture 


Demain je fais ceinture 
Ou  prendre une biture 
Un jour vous payerez la facture 


Ce sera ma signature

*

mardi 22 novembre 2016

Il suffit de presque rien…

Bon, tant pis, ce n'est peut-être pas bien d'agir sans permission, mais je le fais. Je recopie ci-après le billet de Désirée Thomé

Et aussi le commentaire que j'ai laissé.

Et ensuite, je complète avec le ressenti que ce texte a fait naître en moi.

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Je te salue Marie
          *

Je te salue Marie, pleine de grâces,
toi qui a trouvé la force et le courage
parce que la mort était en retard 
de sacrifier ce qu'il y avait de plus grand en toi:
ton amour pour ton enfant.

2016

Ultime don de Soi.


Marie H. hante mes pensées chaque fois que les indices sont mauvais, chaque fois que les preuves de l'effondrement de notre monde sont là, chaque fois que ceux qui vont bien veulent "briser le système", chaque fois que je ne parviens plus à percevoir la palpitation légère de l'espoir.

Même mes rêves sont remplis de toi...

Mon commentaire :
Rhalala ! C'est prenant ton poème !… Tu me sidères sans cesse par cette qualité. Et je t'assure que je suis sincère en disant ça. Je ne te lis jamais sans émotion.
Le don de soi… c'est peut-être cela l'espoir palpable. Cela me prend du plus profonde de coup, en te lisant.
Et s'il n'y avait plus que cela : le don de soi.
Il n'y avait plus que cela véritablement salvateur.

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Il y a la difficulté du temps, la situation du monde, celle de la France qui ressemble quelque peu à un bateau à la dérive, le gouvernail fendu, et plus grand monde qui tienne la barre… Ceux et celles qui voudraient s'emparer du gouvernail ont dans l'idée que le meilleur cap sera de nous diriger vers le triangle des Bermudes. 
Il y a l'océan tempétueux où chacun tente de surnager dans sa propre barquette, désirant protéger les siens, et que les autres de débrouillent.
Dans le sauve-qui-peut, c'est forcément chacun pour soi. Comme si la solution égocentrique était non seulement la bonne, mais l'unique solution.

Il y a mes difficultés personnelles, les nuages blancs, gris ou noirs, qui passent au-dessus de ma tête et font de l'ombre à l'intérieur de moi.
Il y a mes amitiés qui partent vers les cimetières.

Il y a le texte de Désirée.
J’en mesure la force et la part de mystère. Je comprends sans comprendre.  Dès lors ma réaction s'étend aussi ailleurs. C'est sans doute pour cela que sont remués au fond de moi mes propres sensations. C'est cela le signe d'une oeuvre poétique de qualité (enfin selon moi).

L'espoir, sa palpitation, celle qui ne cesse d'être au fond de moi, mais je peux m'en éloigner au point de ne plus la ressentir.
Lorsque j’y reviens, c'est toujours parce que m'arrive une sorte de générosité tournée ailleurs que sur moi-même. Ce sur quoi je peux mettre cette formule complexe et simple du « don de soi ». Formule complexe parce qu'elle a souvent pour synonyme, dans l'esprit de beaucoup, un concept de sacrifice. Et dans la société contemporaine, il ne faut jamais faire le sacrifice de quoi que ce soit, au risque de mettre en péril son « petit moi » auquel on tient tellement…
Et celui qui prétend trouver un certain bonheur dans le don de soi, passe pour quelqu'un qui devrait rapidement consulter un psychanalyste ou un psychiatre. Son « moi » est en danger !

Alors je vais être concret.
Hier j'ai reçu une série de photos de quelqu'un qui m'est proche et qui m'est cher. Les photos illustrent son engagement nouveau pour « une cause qui en vaut la peine ». Pour la réussite naissante de celle-ci il a fait certains sacrifices. Comme je ne suis pas totalement étranger à cette aventure, par l’apport d’un certain soutien, il me dit qu’il est heureux de me les envoyer.
Et moi, bêtement, j'ai ressenti un grand bonheur intérieur, une réjouissance et cette sorte d'immense toute petite espérance que ce fameux « monde meilleur » et là, à côté de moi, à portée de main.

Car au fond, pour lui, autant que pour ma petite participation, c'est une aventure du don de soi à autrui dont il est question. Quelque chose qui procure du bonheur à un petit ensemble d'humanité. Évidemment l'objectif n'est pas le bonheur, c'est juste un petit fruit. L'objectif c'est l'engagement, la transpiration qui va avec, les soucis, la logistique et quelques autres choses encore. Dont l'argent, forcément…

L’intégralité du billet de Désirée me conduit à ce petit temps de retour sur expérience, et de me dire que rien n'est jamais perdu en ce monde et que tout peut concourir à sa réussite, même les échecs, même des situations aux allures désespérées. C'est lorsque ces situations sont considérés comme désespérantes et qu'on baisse les bras. Alors on est véritablement en péril.


Fort heureusement les sursauts salutaires restent toujours à portée de mains. 
À portée de cœur. À portée de transpiration.

dimanche 20 novembre 2016

À droite, ils sont primaires…

Une  Bien Belle Brochette !
Hier, et encore ce matin, j'ai fait mon devoir de bon citoyen.
J'ai examiné attentivement les programmes de ces messieurs et de la dame de droite qui se sélectionnent aujourd'hui. Oui je sais, c'est méritoire. J'espère que vous allez me manifester toute votre admiration !
J’ai étudié les programmes de nos sept loustics (supplément du Monde )
Je me suis attardé sur les trois du groupe de tête.
Évidemment,  c’est très droite de chez droite… Normal !
le problème c’est qu’en se fiant à leur seul programme,
je me demande si le moins pire n’est pas Sarkozy !
Juppé gouvernant par ordonnances sitôt élu, (Dictateur, me  voici !), supprimant les CDD, c’est pas vraiment le pied ! (font ch…. ces salariés qui veulent garder un boulot !), le CDD pourras être cassé pour « raison légitime de l’employeur »….. pas difficile à trouver ça : la raison légitime !
Quant à Fillion… C’est le très grand libéralisme triomphant avec des sacrifices énormes à faire… par les plus pauvres… évidemment !…
Le pauvre et le chômeur étant les 2 plaies françaises, qui coutent trop cher à la société, c’est donc  eux qui doivent payer. Le prix étant la forte diminution, voire la suppression de toutes les aides qui les engraissaient jusque là ! 
Puis, moins de cotisations patronales (les riches sont méritants !), et en échange 2 point de TVA en plus pour tous !!

Avec lui, la France sera dirigée par lui et par son Ministre de l’Intérieur…… dont on se demande s’il n’absorbera pas le pouvoir Judiciaire ! Adios la séparations des pouvoirs, c’était trop révolutionnaire ça ! Le chef doit avoir tous le pouvoirs ! Il  commencera par mettre l’Administration pénitentiaire sous la responsabilité de l’Intérieur… les petits délinquants incarcérés pour grand excès de vitesse, vont devoir se suicider en masse !!

Finalement Sarko, avec ses blabla de charretier inculte, et ses discours abjects et démago,  finit pas apparaitre « light » avec ses petites référendums sur l’accessoire !
Mais, comme, viscéralement, je ne peux pas voter Sarkozy…
je ne suis pas dans la merde !

— Et avec tous ça qu’est ce que je vous sers ?
— Ben des bulletins de vote. 
Je suis donc allé à la « votation » en bravant la tempête ! — Bon alors ? Les sifflets d'admiration, ça vient ! 

Il n’est pas d’usage de dévoiler son vote… je te dis cependant, lecteur vénéré en qui j'ai placé toute ma confiance, comment j’ai procédé.
Le vote « utile » est parmi le trio de tête…
j’ai donc éliminé Sarkozy, évidemment.
J’avais en main  les deux autres bulletins. Comme c’est un peu bonnet blanc et blanc bonnet,je les ai tripotés à l’envers… puis j’ai glissé au hasard l’un des deux dans l’enveloppe.
En consultant celui qui me restait en main, j’ai su pour qui j’avais voté ! …. Et finalement c’est celui pour lequel j’avais  peut être le moins d’envie de vomir !

En rentrant chez moi, je me suis dit que tout cela était quand même bizarre. Voilà un scrutin non officiel, au sens qu'il n'est prévu dans aucun statut électoral national, et cependant il présente une importance majeure.
Ce qui me paraît évident, c’est que celui qui sera en tête ce soir sera le prochain Président de la république.
 Je suis assez d’accord avec l'article du Monde sur ce point.
Vers 22 heures ce soir, ce sera plié pour 2017 ! (celui qui sera en tête sera confirmé la semaine prochaine)

En effet, on n’échappera pas au scénario du pire en 2017 : Droite de chez droite / Droite extrême de chez extrême…. Vu la débandade lamentable de la gaaôôôche ! et leur extrême division, il est impensable qu’ils soient au 2° tour !!
Et comme tout le monde se rabattra vers le victorieux de ce soir, parce que globalement la France ne veut pas  une Présidence Marine  La Pine, … d'une certaine manière tout se décide aujourd'hui !
On n’est pas sorti de marasme français !


Merci Hollande de nous avoir trahi !

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Edit : lundi matin :
J'ai très bien dormi ! Pas vous ?
C'est bizarre, c'est un peu comme quand il a été éliminé la dernière fois notre bling-bling : j'ai ressenti un soulagement physique…
je remercie mes potes de gauche, que j'ai réussi à convaincre d'aller voter à cette primaire pour évincer définitivement celui qui faisait honte à la France.
Peut-être faut-il aussi remercier les bonnes grand-mères catholiques de droite qui ne voulaient pas non plus de notre futur repris de justice…
je me dis enfin que les juges peuvent se réjouir : ils vont enfin pouvoir passer à l'action judiciaire, sans avoir Sarko se défendant en criant au complot politique !
Carla en visiteuse de prison : ça va nous faire des souvenirs !

lundi 14 novembre 2016

Le Bataclan, après la musique...

Autant le dire, hier soir, lorsque ma compagne de vie a proposé que l'on regarde le documentaire d’Antoine Leiris suite aux attentats du 13 novembre, j'étais réticent. Encore un reportage sur ce drame… depuis quelques jours, et à juste titre, je le reconnais volontiers, l'actualité mémorielle nous abreuvait sur les horreurs de ce jour-là. Mais j’avais ce sentiment : trop, c'est trop !
Et puis, nous avons regardé.

Et là,, j'ai reçu en plein cœur une grande leçon d'humanité. La sobriété et la pudeur de ce reportage, tourné par Antoine qui fut victime indirecte, (le décès de son épouse), est d'une grande dignité. il donne à voir l'extraordinaire force humaine qui habite le cœur des femmes et des hommes. Sans occulter l'ampleur du malheur qui s'est abattu, ni le chemin difficile long et douloureux d'une reconstruction. Mais, était présente et manifestée la grandeur des êtres. Elle s'enracinait évidemment dans le texte qu’Antoine Leiris avait posté sur Facebook.

Le débat qui a suivi eut aussi son intérêt, même si l'animatrice ne fut pas suffisamment à la hauteur.
On a vu à la fois l'humain s'exprimer chez les « personnalités » invitées. Et aussi cette permanence de la « parole officielle » toujours à la limite de la langue de bois. Seule Christiane Taubira (mais je suis peut-être mauvais juge, appréciant beaucoup cette femme), fit relativement bien une synthèse avec justesse de ces deux dimensions : chaleur de l'humain, froideur de l'administration.

Mais ce qui restera majeur, ce sont les dialogues entre Antoine Leiris et les autres victimes qu'il a souhaité rencontrer pour dialoguer de leur vécu et de leurs évolutions, et aussi du processus de résilience en cours ou encore à venir. Sa lenteur et la nécessaire participation active de la victime.

Je n'ai pu alors m'empêcher de penser à toutes les personnes qui ont séjourné quelques heures, quelques longues heures parfois, souvent réitérées, dans le fauteuil du patient de mon cabinet de consultation. J'ai repensé à vous : V… ; J… ; R… ; S… ; L…, A… ; … et tant d'autres…
Personnes ordinaires ou quelque peu connues, victimes d'accidents de la vie, d’enfances dévastées, de traumatismes profonds, de viols, incestes et d'autres choses plus ou moins nommables. 
 J'ai repensé à vous que j'ai vu ressurgir des enfers intérieurs.
J'ai repensé à vous qui avez patiemment reconstruit, réparé ce que d'autres avaient cassé.
Je repensais à vous, à vos larmes, vos sanglots, la morve qui coulait du nez, les rimmels qui dessinaient sur vos joues les rigoles du désespoir.
J'ai repensé à vous, vos éclats de rire, vos espoirs retrouvés, vos renaissances inespérées, dont moi-même, je l'avoue, j'avais parfois douté qu'elles s'en viennent.
J’ai repensé à vous, vos merci chaleureux, mais c'est à vous-même qu'il faut que vous vous les adressiez en premier. Et c'était aussi à moi de vous remercier d'être témoin de la générosité fondamentale de l'existence envers chacun, bien au-delà des traumatismes ; pour ce surgissement des trésors intérieurs qui habitaient vos âmes.

J'ai repensé à moi, à tout ce chemin de ma propre reconstruction, de ce corps délabré qui pourtant continue à me porter voire me supporter. De mon psychisme au bord de l’implosion, de ma tendance subsidiaire à 20 ans.
J'ai repensé à moi, et à la gratitude dont je suis redevable envers toutes celles et ceux qui ont accompagné et accompagnent toujours ce chemin d'existence. 

Alors m'est revenu ce texte de mes « 120 pensées plongeantes »

*

75. Libération

Je viens de très loin. — J'arrive de ces contrées lointaines de l'enfance. J'ai traversé des brumes épaisses, de celles qui font peur, parce que l'on se souvient des jours de perdition dans l'épais brouillard. Je suis là, au creux de la paupière, prête à m'écouler. Je suis une larme du souvenir qui surgit tout à coup. Quand on ne s'y attend pas.

Ah ! Vous aussi vous me reconnaissez ?
Cela vous est arrivé de me voir surgir au détour d'une scène banale, sur un écran de télévision, alors que vous regardiez distraitement, tout à coup, vous voilà saisi, sans comprendre, parce que je suis apparue. — Les larmes aux yeux. Vous avez les larmes aux yeux. — Je suis celle qui témoigne de vos souvenirs enfouis, gardienne de votre mémoire défaillante.
Vous clignez de l'œil. Et je commence à m'écouler sur votre joue, pour une lente descente que vous pourriez interrompre d'un revers de main. — Mais voilà, votre visage s'emplit de l'émotion qui vous saisit. Il vous faut me laisser couler jusqu'au bout si vous désirez vous libérer.
Tapie au fond de vos ventres, et de vos cœurs, vous m'ignoriez encore il y a un instant. Mais désormais je suis là, et d'autres larmes derrière moi n'attendent que votre permission pour surgir à leur tour. 
Laissez-moi vous libérer de ce nœud qui vous serre.
Laissez votre visage s'envahir de pleurs,
laissez vos rides naissantes devenir rivière d'une eau de vos profondeurs insoupçonnées.
Je viens de très loin.
Je suis un chagrin qui s'écoule.
N'allez pas mettre votre visage ainsi devant le miroir, regardez plutôt à l'intérieur de vous-même, derrière ce masque que vous portiez jusque-là — Mes larmes sont là pour ôter la peinture de vos déguisements inutiles.
Je viens de très loin.
Je suis une larme qui vous sauve.