jeudi 18 janvier 2018

Individualisme vs solidarité

 Plusieurs événements que j'ai pu vivre ces temps-ci m'ont amené une fois encore à constater combien les interactions qui se nouent entre les personnes sont souvent très bénéfiques pour chacun.
Je suis toujours frappé par cet esprit de solidarité qui préside aux engagements très humains.
Je suis toujours ramené à cette question : peut-on progresser en humanité sans solidarité ? Et, si je vais jusqu'au bout, je dirais : sans fraternité… 

Mais je constate aussi une confusion entre solidarité et déviances de certains  collectifs de lutte, lesquels se montrent parfois furieusement ressemblant à un amalgame suscité par la recherche de l'égoïsme et de l'individualisme. Ces collectifs, aux apparences angéliques, se rendent-ils compte qu'ils font le jeu du capitalisme ?
Ainsi, à titre de simple exemple, des systèmes qui font un tabac, tels les « pétitions en ligne » sont financés par entreprises et banquiers, qui s'enrichissent sur la crédulité des signataires (*).


Dans un monde où l'économie capitaliste s'enrichit en faisant en sorte que se développe l'individualisme, il y a de quoi s'interroger sur nous-mêmes.
L'individualisme, et l'extraordinaire leurre des rézosocios, qui cultivent l'isolement de chacun dans sa bulle et devant son écran de Smartphone, sont une manne extraordinaire pour le monde économique capitaliste. C'est bien connu : l'isolement génère la recherche compensatoire par la surconsommation de biens matériels de tous ordres, de l'électronique à l'alimentaire, exutoires à la déprime. Le bonheur est en vente libre dans les grands magasins. On vous le promet à grand renfort de spots publicitaires à longueur de journée. Le système  atteint son apogée de perversité, lorsque chacun de nous déclare qu'il n'est nullement influencé par la publicité. 
Ainsi l’enrichissement des déjà riches est porté à son sommet.

A l'autre extrême la pauvreté matérielle et affective gagne du terrain… mais il ne faut pas s'inquiéter, le capitalisme consumériste et les organismes de crédit sont là pour nous vendre le bonheur frelaté si savamment commercialisé.
Observons d'ailleurs que ce sont nos fils, nos filles, nos petits-enfants, qui apprennent doctement dans chaque école de commerce, comment voler le peuple et lui vendre du vent et de l'inutile.

Achetons ! Achetons ! Il n'en restera rien que du fade ou de l’amer dans la bouche… 
Alors de nouveau :
Achetons ! Achetons ! Cette fois c'est promis : ce serait du sucré !
 La boucle est bouclée.
 Mais qu'importe… réjouissons-nous d'enrichir les riches. 
Nous aurons au moins fait cette bonne action…

… À moins que je ne reprenne ma propre boucle :

 Plusieurs événements que j'ai pu vivre ces temps-ci m'ont amené une fois encore à constater combien les interactions qui se nouent entre les personnes sont souvent très bénéfiques pour chacun.
Je suis toujours frappé par cet esprit de solidarité qui préside à des engagements très humains.
Je suis toujours ramené à cette question : peut-on progresser en humanité sans solidarité. Et, si je vais jusqu'au bout, je dirais : sans fraternité… ?


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(*) le "pétition-business" se porte bien : un site compte aujourd'hui plus de 96 millions d'utilisateurs dans le monde, parmi lesquels 4,5 millions d'utilisateurs français. Plus de 35 000 nouvelles pétitions y sont déposées chaque mois, soit le double d'il y a deux ans.
 250 salariés dans 18 pays.Ce site a les moyens de faire tourner la boutique : financé pour une large part par quelques riches entreprenneurs  à hauteur de 25 millions de dollars.
(source Le Monde)
Vous signez ?

lundi 15 janvier 2018

Lundi c'est consigne ...






Devoir :

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Alors, tu vas vraiment faire ça ?" (emprunt à Nathalie, qui retourne en Enfance.)
2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Je ne veux pas mécontenter ces messieurs dont les articles sont si utiles." (emprunt à Paul, le petit ami.)

Entre les deux, casez ce que vous voulez !







— Alors tu vas vraiment faire ça ? Demanda Anastasia à sa cousine Léopodine. C’était là une de ses phrases rituelles. Elle s'extasiait de tout, avec des interjections dont elle était coutumière. Du style : « oh comme c'est étonnant ! — Non ? Bah ça alors ! — C'est franchement incroyable ! » Et autre chose du genre…
Mais cette fois, ce que Léopoldine venait de lui annoncer était une nouvelle qui ne manquerait pas de faire du bruit.

Comme c'était leur habitude, nos deux amies prenaient le thé dans le petit salon de la tante Louise qui avait mis à leur disposition sa demeure trop vaste pour elle, tandis qu'elle séjournait à la montagne pour soigner ses poumons. De mauvaises langues laissaient courir le bruit qu'il s'agissait en réalité d'une de ces maladies intimes que les femmes volages attrapaient et qui était à proprement parler une punition du ciel.
Nos deux femmes n'en avaient cure. Et puis elles ne craignaient rien, elles appartenaient à cette génération moderne qui savait prendre ses précautions. Il fallait en profiter, avant que les ravages du temps ne fassent leur œuvre néfaste, et ne les oblige à se contenter de parties de croquet les beaux jours, et d'interminables tournois de bridge ou  de whist durant la mauvaise saison.

— Tu comprends, expliqua Léopoldine, cela ne peut plus durer. J'en ai véritablement assez de tout faire dans l'ombre, sous prétexte que je suis une femme, et qu'une femme se doit d'être discrète, surtout sur le sujet dont je viens de t'entretenir.

— Mais quand même, rétorqua Anastasia qui voulait la mettre en garde, mais quand même qu'est-ce que l'on va penser de toi, une femme de ton rang. Tu n'imagines pas le scandale que cela va provoquer. As-tu pensé à ton père ? Lui qui est respecté de tous lorsqu'il prend la parole à la Chambre et dont les propos politiques sont toujours très mesurés et pleins de bon sens.

— Vois-tu, ma chère cousine, la vérité doit toujours éclater. Et puis je suis de plus en plus mal à l'aise d'agir ainsi dans l'ombre, de me dissimuler, et, en quelque sorte, de porter symboliquement des habits qui ne correspondent ni à ma situation, ni à mon sexe. Moi qui veux prendre la défense des femmes, à l'image d’Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant, il est temps que je fasse la vérité au grand jour.

— Crois-tu que lorsque tu auras révélé qui se cache derrière le nom de Pierre Géringer, journaliste qui écrit quotidiennement  dans « l'Aurore — journal d'information du matin » tu ne t'attireras pas les foudres du Tout-Paris, toi la fille d'un Ministre respecté de tous ?

— La vérité à ses droits. La semaine prochaine  le journal « Le National » dévoilera ma supercherie. Tout le monde saura que c'est moi qui me dissimule sous le nom de Pierre Géringer, le célèbre éditorialiste de l'Aurore.

— Ah ! Mais il n'en est pas question ma chère cousine, éructa violemment Anastasia. Tu avais promis à mon père, rédacteur en chef de l’Aurore, de te taire sur ce point. Tu avais même prêté serment. Sois assurée que je ferai tout pour t'en empêcher. Nous te ferons taire par tous les moyens, crois-moi. Et puis tu sais pertinemment que j'ai plusieurs amants journalistes de ce journal. Tes révélations mettraient tout cela en péril et je ne veux pas mécontenter ces messieurs dont les articles sont si utiles.

**
*


. Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant = Le véritable nom de George Sand
. Pierre Géringer = une des principales plumes du journal « l'Aurore ».

mercredi 10 janvier 2018

Blog photos

Cela faisait quand même un bon bout de temps
 que j'avais laissé tomber en désuétude mon blog-photos.

 je viens de lui donner un peu de rajeunissement


 j'espère que quelques-unes vous plairont…

lundi 8 janvier 2018

On se remet au travail chez Lakévio







Après les fêtes, la vie reprend son cours...








Ah ! Les bonnes résolutions…

Cette fois sa résolution serait tenue.
Elle était bien décidée à ce que les choses changent.
On allait voir ce qu’on allait voir en cette nouvelle année.
Plus question de prendre des gants avec quiconque.
Terminé le temps où elle se laissait marcher sur les pieds au bureau.
Il ne suffirait plus que son patron lui lance des fleurs.
Que son chef direct emballe des compliments dans du papier de soie sous prétexte d'effectuer des heures supplémentaires non payées.
Elle ne serait plus la tulipe de service.
Désormais elle exigerait que l'on soit aux petits soins avec elle.
Qu'on lui propose à chaque instant un coussin de velours.
On allait voir ce qu'on allait voir

*


– Alors Mademoiselle Bécassine : encore en retard ! ?
— Mil pardon Monsieur le directeur les trains n'étaient pas à l'heure.
— Vous resterez ce soir pour finir le travail que vous avez salopé la semaine dernière. Évidemment vous ne serez pas payée pour ça.
— Oui, Monsieur le directeur ; parfait, Monsieur le directeur ; je suis à vos ordres, Monsieur le directeur ; j'obéirai à tout Monsieur le directeur… Comme toujours…
— J’exige de vous ce minimum Mademoiselle Bécassine. Tenez-vous le pour dit.



dimanche 7 janvier 2018

Marathon d'écriture

Comme je le fais périodiquement depuis une bonne dizaine d'années, j'organise un nouveau marathon d'écriture qui s'ouvrira bientôt.
 Si cela vous intéresse…

Le 12 ème Marathon se déroulera ...
du vendredi 20 janvier au vendredi 26 janvier 2018

un marathon d'écriture consiste à s'engager à écrire en continu durant plusieurs heures, et à publier sur le forum toutes les heures.
le minimum d'écriture est de 3 heures d'affilée, 
on peut écrire pendant 5, 8, 10 heures...
pas de limite maximale de durée...


 à bientôt peut-être sur le Marathon !

mardi 2 janvier 2018

Voeux pas.....

... trop passer
pour un nain gras...

Alors : 




mercredi 20 décembre 2017

Petit ordinaire des jours



Il m'a mis la pression

*


C'est à trois minutes de chez moi. J’y passe de temps à autre.
J’arrête ma voiture après avoir juste passé le seuil de la grande porte d'entrée, et je coupe le moteur.

Ils sont quatre. Ils vivent sous les ponts.
Les mains dans le cambouis.
C'est pour cela qu’il vous tendent le poignet lorsque vous voulez  leur serrer la main. 
Pas tacher ! 
Et puis généralement, juste après, ils se frottent sous le nez avec l'avant-bras.


Un des gars, la quarantaine, lève la tête, avec un grand sourire. Et il a une belle tête, celle de ces gens qui sont toujours contents et aiment ce qu'ils font. 

Il s'approche de la portière :
— Ah mais je vous reconnais ! Comme d'habitude vous venez nous prendre notre air !
— Exactement que je lui réponds. Et j'annonce la pression de mes pneus.
— Oui, oui, je sais ! On en met plus à l'arrière, vu votre gros fauteuil avec sa grue ! Je me souviens de vous parce que vous venez régulièrement. Mais je comprends que vous pouvez pas vous débrouiller tout seul. Hein monsieur ?!
— Ah ! que je lui réponds, vous avez bonne mémoire !
—Vouais ! Ben c'est le métier !

Je l'observe depuis mon siège conducteur.
Il déroule son tuyau et fort heureusement n'en envisage pas l'usage détourné qui pourrait vous transformer en bonhomme Bibendum du Père Michelin ! Au contraire il dirige son manomètre vers la valve du pneu avant, côté conducteur. Accroupi, en en dévissant le bouchon il me dit :

— C’est combien déjà la pression ?

Comme quoi on ne vit pas encore dans un monde parfait…

Malgré son pré-Alzheimer, il a quand même eu son euro de gratification.
D’autant que je me suis dit : finalement, en vrai, chez Midas*, ils sont aussi sympas que dans leur pub…



* : (Hélas, je ne toucherai pas un kopek pour cette publicité gratuite…)