mardi 20 juin 2017

il y a le ciel, le soleil, etc......

Mesdames et Messieurs,

Votre blogueur préféré… (mais si ! Mais si !)
pense qu'il va falloir songer à vaquer.

Ce blog étant en vacance depuis que son titulaire a déserté…
L'auteur, en conformité avec ses convictions, part lui aussi en vacances.

Bon été à tous !




mercredi 31 mai 2017

Soleil de vie

Soleil de vie
(tentative pour elle)

*

Photo AlainX


Quand j'évoquerai les moissons
de notre amour à foison
ne pensez pas que ma raison s’égare
dans les chimères et les couloirs



un matin d'automne je cueillis sa lumière
mon cœur sortit du morne hiver
elle surgit comme printemps
j’ignorais qu'il durerait longtemps

le soleil jamais ne s’éteint
la nuit a comme destin
une aube de satin


par elle tout m’est venu
dans mes bras je l’ai tenue
au fond de ses yeux ma source
m'entraîna dans sa course

jamais le bonheur ne se fait vieux
à ceux qui ont au fond des yeux
le don d'aimer si merveilleux


*




vendredi 12 mai 2017

La fin de la culture ?

À quelques centaines de mètres de chez moi, il y a une passerelle-piétons qui franchit la nationale où défilent sans cesse des milliers de voitures à longueur de jour.

Sur la passerelle, les bruits sont intenables. La danse infernale des voitures qui se croisent et s'entrecroisent, roulant plus vite qu'il n'est permis de conduire sans danger. Parfois je me dis que dans cette danse infernale, quelqu'un donnera un coup de patin qui déclenchera l'emboutissement général comme un aboutissement.

Au-delà de la passerelle, en quelques mètres franchit, s'en vient le calme campagnard. Petit miracle sans doute de la DDE, qui eut un jour la bonne idée d'ériger un mur antibruit.


« Il suffit de passer le pont,
C'est tout de suite l'aventure! …
… Il suffit de trois petits bonds,
C'est tout de suit' la tarantelle,… »
(Georges Brassens)

La tarentelle… la danse qui guérit de la morsure de tarentule.
Pour ma part c'est avec une salsa(*) que je franchis le pont.
L’Aventure est toute simple : la campagne à la ville.

Au-delà de la passerelle, c'est le retour au bucolique, à la vie champêtre. C'est comme un petit miracle, le sentiment tout à coup du retour à un ancien monde, en quelques instants on se retrouve dans une faille temporelle.
À quelques mètres, une parcelle cultivée. Un tout petit champ entouré, protégé par une végétation arborée. Souvent, en, promenade, je m'arrête à cet endroit. Jusqu'à il y a peu je regardais pousser pommes de terre,  pois de sucre à perches, oignons, poireaux, et autres plantes potagères. Cela variait de saison en saison. Parfois le maraîcher était là. Un vieux Monsieur, habillé comme au siècle dernier, semant, cultivant, récoltant, « à la main ». En tout cas je ne l'ai jamais vu avec un quelconque petit motoculteur ou autre engin. En revanche, ce que j'ai vu, c'est que le vieux Monsieur boitait de plus en plus, semblait prendre du poids, s'arrêtait fréquemment pour souffler et jeter un regard aux alentours. C'est alors qu'il me voyait au bord du chemin. Je lui faisais un signe de la main. Il répondait d'un hochement de tête et reprenait son ouvrage.

Ces derniers temps, je n'ai plus vu le Monsieur. Sa parcelle n'est plus cultivée. la nature n'a pas encore repris le dessus en faisant pousser toutes sortes d'herbes diverses et variées. Le champ donne encore l'impression d'être prêt pour la culture. Mais rien n'y fut planté.

Photo AlainX

Qu’est devenu le Monsieur qu’il m'arrivait de regarder longuement avancer lentement et péniblement un sac de plants de pommes de terre  sur le ventre avec une lanière autour du cou, laissant tomber le tubercule germé, et l'enfonçant d'un coup de talon ? Je pensais au vieil oncle de mon enfance que je voyais aussi semer et cultiver son grand jardin à la campagne.

Je crois que je ne reverrai jamais plus le vieux maraîcher . Peut-être est-il mort. Peut-être lutte-il contre « une longue maladie » comme on dit pudiquement. Peut-être a-t-il des enfants qui ont préféré fonder une start-up ou vendre des téléphones portables, en se disant qu'il y en aurait toujours d'autres pour planter et récolter des légumes pour nous nourrir.
Peut-être pas.
————————


(*) « Salsa » est le nom du modèle de mon fauteuil roulant électrique !…

mercredi 3 mai 2017

Érections présidentielles.

En ce moment, dans les bureaux de vote, on s'apprête à commencer l'érection des isoloirs…

Alors comme ça il paraît « qu'on » ne parle pas assez sur les blogs des élections présidentielles ?
Mais pour dire quoi !
Cela fait des semaines que l'on entend globalement toujours plus de la même chose.

Pour ma part mon choix est fait depuis déjà un petit moment.
Vous voulez savoir ? Eh bien, interrogez dimanche mon isoloir et vous saurez tout.

En attendant, je vous propose de vous mettre en marche pour une petite promenade photographique et bidouille (*)

(*) comme en politique...


Photo AlainX
Il est une mouette calme et rieuse sur le lac aux miroirs (aux alouettes ?)

Photo/bidouille AlainX

Elle pourrait se retrouver dans une mer bleu marine glauque et tempétueuse.


Photo AlainX

Elles sont golfeuses sur le green verdoyant 

Photo/bidouille AlainX

Ça pourrait finir en plein marécage...






mardi 25 avril 2017

Bienveillance humaine.

Ce n'est pas la première fois que j'évoque cette disposition à la générosité de la personne humaine à l'égard d'autrui. Sans cette aptitude qui, je crois, quelque part, nous est conaturelle, nous serions probablement incapables d'une quelconque vie sociale qui soit autre qu'une jungle et un combat permanent d'opposition en vue d'une domination.

Si elle est  conaturelle (pas conférée de l'extérieur) c'est par potentialité, comme la graine contient l'arbre en entier. Mais l'arbre ne grandit pas sans une forme « d'éducation » qu'il trouve dans son environnement. Même chose pour l'être humain. La potentialité de bienveillance envers autrui ne se développe pas si on la laisse en friche dans le processus éducatif, pire, si on se comporte « méchamment » à l'égard de l'enfant, soit volontairement, soit par inconscience, en particulier des lois de son développement. À cela s'ajoute les avatars et les avanies de l'existence, qui font qu’on peut se retrouver dans une forme de méfiance plus ou moins forte, plus ou moins permanente, envers l'autre considéré comme un danger pour ne pas dire un ennemi. En tout cas quelqu'un qui, par nature, ne nous voudrait pas du bien.

Dans mon enfance trop solitaire, il n'y avait que « des grands » qui ne m'apparaissaient guère comme de possibles protecteurs, mais le plus souvent comme des personnes dont j'avais à me méfier, déguisées en faux amis qui me voudraient soit disant du bien. La catastrophe que fut mon entrée à l'école (ce sentiment de rejet des autres parce que je n'étais pas « socialisé », que j'ignorais les codes et les comportements qu'il convenait d'avoir) n'a fait qu'augmenter ma défiance envers autrui.

Il me faudra sans doute mon accident de santé à 12 ans pour découvrir qu'il existait chez les adultes des personnes « bienfaisantes » qui semblaient véritablement désirer mon bien et ma progression pour retrouver une autonomie suffisante pour vivre par moi-même. J'ai fini par accepter ce concept que l'autre n'était pas nécessairement un ennemi, qu’il pouvait être animé d’une bienveillance naturelle, même si j'ai gardé des zones de méfiance.

Ce n'est pas pour rien que j'ai choisi en premier un métier qui avait trait à « la justice », et que j'ai œuvré, comme je pouvais, pour la défense du faible vis-à-vis du Fort. Comprendre qu'il n'y avait pas que le combat singulier, fut-il juridique et/ou judiciaire pour construire un monde acceptable, fut un autre combat personnel de pacification. Un jour m'apparut comme une intuition flagrante qu'il me faudrait bien me décider à « déposer les armes ». Sauf que je n'avais pas alors les véritables clés de l'intériorité et que je n'étais pas encore rentré suffisamment dans ma pacification personnelle.
Cette pacification n'est manifestement pas achevée en moi. Je crains toujours le « trop bon, trop con ».

Après ce long préambule, (trop long), j'en viens à ce qui m'a motivé à l'écrire, c'est-à-dire quelque chose de très concret qui m'est arrivé ces jours derniers.

Certains le savent, pour me déplacer à l'extérieur, je suis tributaire d'un fauteuil roulant électrique, sans lequel je ne peux pas aller bien loin par mes propres moyens. Qui dit fauteuil électrique dit batteries. Il y a un an je les ai changées. Fin de vie normale, après 3 ans 1/2 environ. Les nouvelles se sont montrées défaillantes totalement il y a environ trois semaines. La société de matériel médical dont je suis client depuis une quinzaine d'années est venu me poser des batteries de secours, en attendant de diagnostiquer le dysfonctionnement. Le résultat ne s'est pas fait attendre : les batteries étaient mortes. Il fallait les changer.
J’ai reçu un devis par la poste. La sécurité sociale, dans sa grande générosité, m'offre royalement un forfait entretien de 100 €, partant du principe qu'un tel fauteuil électrique ne s’use certainement pas beaucoup… Le changement des batteries entraîne un « reste à charge » personnel d'environ 650 €. Pas grand-chose en quelque sorte !
J’ai un excellent rapport depuis toujours avec l'équipe de cette société importante de matériel médical. Je dois reconnaître leurs compétences, leur dévouement, j'ai eu une fois un dépannage tard le soir parce que j'avais crevé un pneu.
Recevant ce devis, j'envoie un mail circonstancié, en estimant que la garantie devrait jouer pour ces batteries qui se sont montrées défaillantes très précocement. 15 jours se passent sans que je ne reçoive une réponse. Peu m'importe. Les batteries de remplacement fonctionnent parfaitement. J'attends leur réponse.

Rentrons de mon séjour à la mer, je reçois de leur part une lettre froide, administrative, quasiment comminatoire, en substance : vous n'avez pas accepté le devis. Si vous ne le régularisez pas par retour du courrier nous viendrons vous remettre « le matériel d'origine ».
Mais c'est quoi ce grand n'importe quoi ! Ils veulent me remettre leurs batteries pourries ! Non mais je rêve !…

Je suis outré. Je téléphone pour avoir la personne qui suit cette affaire. (c'est une grosse société médicale). On me dit qu'elle est en congés jusqu'à ce jour.
Je vis tout cela très mal. Je suis repris par ce sentiment confus toujours tapi dans l'ombre, prêt à resurgir au moindre gratouillage sur cette zone sensible. Quelque chose du genre : « Décidément ! Tous des salauds ! cette société HandiMachinTruc ne s'intéresse à rien d'autre que faire du fric. Ils n'ont que les sourires de façade. Je les déteste… »

Malgré les propos apaisants de ma chère et tendre compagne d'existence, je n'arrive pas vraiment à me sortir de cette confusion absurde. J'ai ce sentiment quasi « victimal », qui par ailleurs me dégoûte tant… Bon d'accord, ça ne me met pas non plus au bord du suicide. Disons que ça me gâche partiellement le week-end. Déjà qu'il va falloir aller voter dans le cadre de cette campagne électorale qui a quand même frôlé les sommets de la finesse intellectuelle, du débat démocratique de très haute tenue, et qui fut véritablement digne du siècle des Lumières.

Ce matin j'appelle et on me passe l'habituelle charmante Madame  GentilleVoix, qui suit mon dossier. Je suis prêt à engager le combat singulier avec mon gourdin de Cro-Magnon, mon épée de Roland, ma Kalashnikov piquée à un terroriste… 
J’évoque cette lettre reçue, que j'estime « peu admissible compte tenu des circonstances » j’emploie une formule light, je tire une balle à blanc.
Madame  GentilleVoix est toute surprise. 
— « Ah mais non ! Ça c'est une lettre automatique de relance aux clients qui exagèrent ! Vous n'auriez pas dû la recevoir… je m'occupe de votre dossier. On est en pourparlers avec le fournisseur pour qu'il prenne cela en garantie. C'est pour ça que ça prend du temps. Ne vous inquiétez pas. Je m'occupe de vous. Tout va bien avec les batteries de  remplacement ? »

Bref je me suis bourré le mou pour rien ! Cette fois c'est contre moi-même que j'enrage. Et dans le même temps ce soulagement, qui me ramène à la réalité et non pas à mes fantasmes de gosse exploité dans son enfance, auquel on a fait volontairement mal.

Je retrouve cette humanité à laquelle je crois profondément. Mais voilà. Il n'est pas toujours évident de demeurer dans la profondeur de soi en toutes circonstances. Je m'en croyais davantage capable. Il me faut revenir à l'humble réalité du seul petit chemin parcouru jusque-là.

L’important c’est le chemin, dit-on. Bien. À condition que ce ne soit pas une justification. Car quand même il faut bien espérer que le chemin mène quelque part, vers ce à quoi je crois de toute mon âme…

samedi 15 avril 2017

Confiance : zone moyenne

Il m'arrive de mettre de l'ordre dans mes répertoires photos. Avec le numérique on finit par avoir un surplus incroyable. Il faut trier et supprimer et procéder aux élagages nécessaires.

C'est alors que je retrouve des photos prises il y a plusieurs années. Pour certaines je me dis, elles n'étaient pas si mal que ça. Et même elles étaient plutôt bien. Mais je les ai laissées dans une sorte d'abandon. 
J'ai toujours aimé faire de la photo. Mais je ne peux pas dire que j'ai beaucoup confiance dans les résultats que j'obtiens. Comme s'il y avait en ce domaine une sorte d'impossibilité de la confiance. Certes, je suis loin d'avoir des talents artistiques en ce domaine, tels que je les vois chez d'autres. En même temps, j'admets que je ne suis pas nul pour un amateur, je cultive un certain sens du cadrage et de l'originalité. Il reste qu'il y a toujours en moi quelque chose du genre : « ce n’est pas suffisamment valable ».

J'ai appris la photo au Centre de rééducation où il y avait un petit Club. On faisait entièrement le traitement argentique les après-midi de loisir. (Prise de vue, développement du négatif, agrandissement, tirage, mise sous cadre, et on a même fait une série de cartes postales du Centre qu'on vendait aux parents des copains tordus… pour payer notre matériel…) C'est là que j'ai pris plaisir à regarder les choses sous un certain angle. C'est sans doute ce que j'ai le plus retenu. Une qualité de regard sur les choses, les personnes, la vie.
Mais pour ce qui est des réalisations que nous sortions du labo-photo, j'étais sans cesse insatisfait de mes travaux. Il faut dire qu'il y avait un autre du groupe qui avait un talent évident. D'ailleurs, adulte, il deviendra photographe de mode réputé et j'aurai l'occasion de voir ses photos dans des revues. Je l'évoque d'ailleurs dans mon premier livre. Malheureusement, le succès qu'il aura connu, les adeptes qu'il aura faits, n'ont pas contribué à son bonheur. Il a mis fin à ses jours. Je l'ai appris en le recherchant pour lui offrir mon livre.
Je ne peux pas dire que je le jalousais. J’enviais son talent. C'est différent. J'aurais aimé avoir ses aptitudes photographiques. il n'était pas un ennemi, plutôt une sorte de modèle inatteignable pour moi, et je l'admirais. Nous avons commencé ensemble. Lui, en fit non seulement une passion mais son métier.

Bien que j'ai appris qu'il fallait éviter les comparaisons = poison, je suis toutefois demeuré avec cette tendance à dévaloriser ce que je peux faire en photo. Ce n'est pas bien grave. Si j'ai toujours aimé faire de la photo, je ne peux pas vraiment dire que ce fut une passion dévorante. Je le vois bien chez d'autres.

Je veux surtout souligner combien on peut être marqué par la période des apprentissages,
d’une manière singulière et forte. Autant dans des aspects positifs, que dans des aspects négatifs. Je ne parle pas de l'apprentissage des connaissances théoriques, je parle de l'apprentissage lorsqu'on réalise concrètement, qu'on apprend à faire, qu'on balbutie, que l'on se trompe et que l'on recommence. Il n'y a pas que le regard des autres qui influent alors. Il y a aussi un certain regard sur soi-même, et en particulier lorsque, comme c'est mon cas, on a inculqué à l'enfant dès son plus jeune âge qu'il n’était « bon à rien ».

*


Une de mes photos retrouvée. Je serai là-bas la semaine prochaine pour quelques jours. Au bord de cette mer qui m'enchante depuis toujours et berce mon cœur en permanence.

Photo AlainX - Cliquez pour agrandir

mercredi 5 avril 2017

Débats thons

Ni pour vous, ni pour personne, je n'ai pas regardé le match de foot présidentiel sur BordelFMTV, hier soir. D'après la matinale la plus écoutée de France (donc la mienne), je n'ai pas raté grand chose, sauf la saillie de notre Poutou national contre Marine Le Pen, qui veut pas s’expliquer devant la justice. "Quand nous on est convoqué par la police, nous on a pas d'immunité ouvrière, désolé, on y va. ». Mais comme l'extrait tourne en boucle sur Internet, j'ai pu le mater en me paluchant comme il se doit.

Moi, je dois dire que Poutou, j'aime bien sa bonne tête d'ouvrier sympa comme on n'en fait plus.  Ça nous change quand même du facteur ou de Arthaud (Nathalie, pas Florence, qui hélas s'en est allée dans le grand paradis bleu des poissons…) 
Poutou il était en liquette, et pas en costard à quelques milliers de boules…
Ça nous change.

Votez Poutou !
Pour des bisous !
Nécessairement prolétariens.

Notre bon Philippe-le-travailleur, déclare clairement qu'il ne veut absolument pas être Président.  Et ça c'est quand même un signe de bonne santé mentale : absence de mégalomanie et de tendances sadomasochistes. Il se présente juste pour pouvoir l'ouvrir, et être à  rebours de son excellent livre : « un ouvrier, c'est là pour fermer sa gueule ! ».

Bon, je déconne, mais c’est pour ne pas trop sombrer.
En fait je me demande si je ne devrais pas plutôt voter pour Jean Lassalle…de soins de l'hôpital psychiatrique, dont on se demande encore comment 500 maires et autres élus ont pu signer pour lui, qui a pété des boulons depuis quelques années.
Je ne sais pas si vous avez déjà entendu une interview de Jean Lassalle. Ça vaut la peine. Je vous assure que même Coluche n'aurait pas osé…

Je passerai sous silence François Asselineau, parce que je vais quand même pas faire de la pub pour un type qui est encore plus à l'extrême droite que Marine Le Pen.

Reste le bien connu quintette à cordes—pour nous pendre, mais eux et elle, on connaît par cœur leurs chansonnettes…

Fillon le parfait amour
Macron nous à la hauteur
en Hamon comme en aval
La Marine est à La Pen
Mélanchon tout
on verra bien ce qu'il en sortira…


jeudi 30 mars 2017

Paroles d'arbres

Les arbres se parlent entre eux. C'est ce que l'on raconte chez les botanistes. Ils se communiquent des informations, par les racines. Ils s'entraident et se soutiennent mutuellement. Les arbres ont des histoires d'amour.

Les arbres parlent aussi aux hommes. Enfin, ceux qui savent écouter par le regard.
Ce matin, j'en ai rencontré un dans mon quartier. Il levait ses multi-bras au ciel, dans une sorte d'appel plus ou moins désespéré, comme si le printemps naissant l'avait quelque peu abandonné à la saison précédente. Son immobilité le faisait gémir du houppier. Ses rameaux tremblotants semblaient s'écrier :
— « non mais, c'est pas dieu possible ! »
Je me suis arrêté pour compatir. 

photo AlainX

une dame passa avec son chien, sans s'arrêter, ni réagir à cet appel.
Une jeune mère de famille avec bébé en poussette, fit de même. D’ailleurs elle ne pouvait  voir l'arbre, elle avait la tête penchée et ne regardait rien d'autre que son jeune enfant à qui elle souriait, et qui semblait lui répondre par une moue, que, peut-être, elle ne comprenait pas non plus. À quand pouvait bien remonter la dernière fois où elle avait prit le temps d'un échange avec cet arbre. Probablement jamais.  Le citadin ne s'intéresse aux arbres qu'à l'occasion des vacances, en forêt. À moins que l'on se mette à la recherche de l'ombre d'un confrère de celui-ci, parce qu'il fait vraiment trop chaud, et que si ça continue le petit va nous faire une insolation.

Il ne fallait pas être grand clerc en arboriculture, pour voir que cet arbre avait déjà pas mal souffert. Il fut victime d'un certain nombre d'amputations, probablement douloureuses, dont il ne s'est jamais véritablement remis. J'en connais des amputés. Ils souffrent du membre qui n'est plus là. Est-ce que les arbres souffrent des branches qu'on leur a enlevées ? Hélas pour eux ils ont eu la mauvaise idée de se laisser planter en pleine ville, et non pas à mille milles de toute terre habitée où ils auraient pu grandir tranquillement, sans être emmerdés par les humains.

photo AlainX
Malheureusement je ne pouvais rien faire pour lui. Les plantations voisines avaient commencé à bourgeonner. Lui, rien encore. Je me suis demandé si  un arbre pouvait être jaloux du voisinage. S'il pouvait avoir cette jalousie comme la voisine d'en face, parce que sa maison est moins belle et moins grande que celle située de l'autre côté de la rue, qui très certainement appartient à un type plein aux as, comme c'est pas dieu possible.

Alors, je me suis déplacé juste à côté, là où une petite fleur venait d'éclore. J'aurais eu envie de l'offrir à l'arbre pour le faire patienter, mais j'ai pensé que je n'allais pas à mon tour faire subir une mutilation désagréable à ce joli bosquet.

J’ai repris ma route pour rentrer chez moi, un peu le nez au ciel.
Il y avait plein de traînées blanches dans le ciel bleu, laissées par les avions là-haut.
Peut-être que mon arbre aurait aimé voyager.
Peut-être que moi aussi.
Le destin en décide toujours autrement. 
Peut-être qu'il n'en fait qu'à sa tête.


lundi 27 mars 2017

Objets mémoriels

Dans les jours qui viennent, nous refaisons notre grande pièce à vivre, du sol au plafond en passant par les murs. Dès lors, nous avons vidé la pièce, tout retiré des armoires, tiroirs, et autres lieux de rangements. Belle occasion de faire un tri, le sac-poubelle à la main.
Forcément ça et là, se pose la question : on jette ou on garde ?
Parfois c'est l'évidence pour ma compagne et moi. Parfois c’est sujet à discussion.
La ligne de fond est assez claire : se délester au maximum.

Ce n'est pas si facile de tenir la ligne. Pour certaines bricoles ayant atterri au fond d'un tiroir, le choix est vite fait vers le sac-poubelle. C'est un peu idem pour les objets du style « ça pourrait servir un jour », alors qu'on se rend compte que ce jour ne viendra jamais.

photo du net
Restent les objets pour lesquels on ressent un attachement.
Il faut alors s'interroger sur ce que je pourrais appeler la profondeur de l'attachement.
Je constate alors des raisons de surface, avec un fil ténu et pas bien solide. Il suffit de réfléchir quelques instants pour voir qu'il n'y a même pas un coup de ciseaux à donner pour rompre ce fil. Juste un petit pincement au cœur pour cette vieille jolie boîte de dragées, mais vide, et qu'on a gardé en vague souvenir de cette cérémonie si réussie… vague souvenir en effet… exit la vieille boîte.

Et puis il y a les objets qui se sont attachés à nous, autant que l'on s'est attaché à eux. Ceux dont on sent qu'il y a trop d'amitié entre nous, et qu'il nous faut les garder assez précieusement.
Ils ne sont pas seulement le rappel de souvenirs. Ils font quasiment partie de nous-mêmes, comme un prolongement inséparable, même s'il fallait, par malheur, en être séparé. Ce genre de malheur, tel un cambriolage où l'on nous a chapardé des objets sans valeur marchande, mais chargés d'un prix affectif incommensurable.

Il suffit alors d'entrer dans une conscientisation profonde qui devient la référence pour le choix de garder ou se séparer. À condition d'être rigoureux. Sinon on trouvera toujours un « endroit de soi » qui risque de nous pousser à thésauriser qui est devenu inutile pour aujourd'hui.

L'objet à garder a le plus souvent bien peu de valeur financière. On se dit qu'un jour il faudra bien, là aussi, s’en séparer. On réfère alors aux expériences passées, qui nous ont amené à se délester de ces objets–souvenirs impossibles de virer, mais on a fini par le faire, parce que toute la charge affective est disparue par intégration du souvenir à l'intérieur de soi de manière renouvelée, probablement recomposée, et largement suffisante à notre bonne structuration psychique.

Enfin, il y a le souvenir à ressurgissement, parce que l'objet réapparu à notre vue fait renaître de l'enfoui.
Ainsi en fut-il pour moi d'un très vieux verre bistrot à pied court et fond épais (genre verre à absinthe), qui était au fond du buffet à vaisselle. Un verre venant du temps de mon grand-père, cette époque où il a tenu un bistrot de village. Je voyais ces verres sur le comptoir, à côté de la grosse boule transparente  où,en glissant une pièce, vous pouviez faire tomber des bonbons colorés ronds et délicieux. Mais mon père refusait systématiquement de mettre une pièce, et le grand-père n'allait pas en chercher une dans son tiroir-caisse.

Il aura fallu moins d'une seconde pour que plein de flashs visuels reviennent, avec leurs odeurs quasiment associées.

jeudi 23 mars 2017

Le monde… Il est vraiment dangereux…

Dans la région de Toulouse, une incroyable menace pèse sur tout le département…
l'insécurité est à son comble. Les habitants se calfeutrent chez eux.
Toute la région tremble…

Jugez plutôt de la terrible nouvelle :
un élève d'une école primaire du côté de Toulouse — neuf ans — a menacé des camarades de classe de « tous les tuer »…
Il aurait exhibé ce que l'on croit être une balle ! 
Il paraîtrait qu’il aurait trouvé ça chez son grand-père…

(source : La dépêche) 

Jeune terroriste pris en flagrant-délit ! (photo du web)


Aussitôt l'équipe pédagogie s'est réunie de toute urgence.
Aussitôt l’alerte a été donné.
La police a été prévenue.
Le procureur de la république s’est rendu sur place.
L’ensemble des forces de police est mobilisé.
Le GIGN débarque de Paris.
Toute la région est quadrillée par les CRS.
Toutes les voitures sont contrôlées à chaque carrefour.

une mère déclare : « Il faut absolument éliminer les parents et l'enfant ! »

Probablement qu'il y aura bientôt une question au gouvernement sur cet horrible fait divers.
Rendez-vous compte, un enfant de neuf ans !
Djihadiste déjà à cet âge-là !
Mais où va le pays !

Il est plus que temps de voter Marine Le Pen !…

Cela dit, je suis quand même content de ne pas avoir neuf ans aujourd’hui !
Parce que le nombre de fois où j'ai dit à un connard de ma classe que j'allais lui péter la gueule, l'embrocher, le trucider, le découper en rondelles…
pour cela j'aurais dû être condamné à au moins 20 ans de prison ! En plus, chez mon grand-père il y avait un obus de canon de la guerre 14 ! Mon grand-père était un horrible terroriste !… Je n’en réalise l’horreur qu’à l’instant…


Je suppose que ce gosse de neuf ans qui a cru faire une bonne blague, va faire l'objet de mesures éducatives, être retiré à ses parents, être mis dans un centre fermé pour les délinquants les plus dangereux. 
Ouf !
La police a encore déjoué un horrible attentat avant qu'il ne se produise !

Le Premier Ministre fera surement une déclaration solennelle au Journal de 20 H ....


Nous vivons une époque qui marche sur la tête…

mardi 21 mars 2017

Jeu télé.

Hier soir, j’ai regardé pour vous le nouveau jeu télévisé de TF1 :
« Qui veut devenir Président de la République ? »

Ils avaient repris le décor du « Maillon faible » en tentant de l'améliorer, mais selon moi il était beaucoup plus triste… voyez vous-même :




Qui plus est, ce n'était pas animé par Laurence Boccolini, ce qui, en soi, affaiblissait beaucoup  l'intérêt pour ce jeu que l'on espérait toutefois passionnant. Le couple qui animait était un peu has-been. J’ai oublié leurs noms. Ils étaient plan-plan dans la manière de poser les questions aux candidats.

Une chose a manqué également : le public ne pouvait pas voter pour son préféré. Ledit public était aussi relativement amorphe, pas d'applaudissements, pas de standing ovation. Bref là aussi c'était un peu la platitude. Par ailleurs, j'ai attendu vainement le numéro pour envoyer un SMS pour voter moi-même. Ça n'est jamais venu, et on n’a même pas su le cadeau que l'on pouvait gagner.

Il y avait cinq candidats, dont une seule femme. Bonjour la parité ! Dommage qu'il n'y en ait pas eu une autre pour faire contrepoids au tissu de réponses totalement à côté de la plaque et particulièrement idiotes de la bonne femme en question. Je comprends pas comment elle a pu être sélectionnée celle-là !



Je m'attendais, comme on le fait souvent maintenant, qu'entre chaque question il y ait un petit orchestre jouant un air entraînant, réveillant éventuellement autant les candidats que le public, ce dernier ayant tendance à s'endormir.

Certains candidats à ce jeu faisaient des interventions intempestives, alors qu'ils n'avaient même pas appuyer sur leur buzzer avant de prendre la parole. Qui plus est, les animateurs laissaient faire. Franchement, ça c'est pas du jeu ! 

Mais, question importante, ce jeu n'était-il pas truqué ? En effet je n'ai vu aucun jury validant les réponses parfois totalement évasives aux questions posées. Normalement dans ces cas là, il a un coup de sirène, pour amener le candidat à préciser sa réponse. Là, rien !

Autant vous le dire clairement, j'ai pas trouvé le nouveau jeu de TF1 passionnant, ni réussi.
Je ne suis pas sûr que la direction renouvellera pour une deuxième manche.

À la fin d'ailleurs, ils n'ont même pas été capables de nous dire qui était le vainqueur, de sorte que cela s'est terminé dans une sorte de confusion globale, qui a confirmé qu’une fois de plus le téléspectateur s'était fait totalement arnaqué par TF1.


La prochaine fois, je me contenterai de regarder : « N’oubliez pas les promesses » animé par Nagui sur le service public.

vendredi 17 mars 2017

Du bonheur d'avoir des amis chercheurs.



C'est un sentiment de grande satisfaction et une sorte de dilatation intérieure qui se déploie en moi ce matin. Quelque chose qui a trait à la beauté des travaux de recherche d'un ami de longue date, avec qui je coopère pour la rédaction de certains ouvrages à caractère professionnel.
On bosse actuellement sur une thématique vaste, qui pourrait s'appeler : capacité de décision — liberté personnelle — neurosciences.
Cela va faire deux ans. L'ouvrage avance et nous commençons à en voir le début de la fin.

Il y a 48 heures il m'a adressé un texte absolument lumineux sur les convergences entre nos recherches en psychologique et l'apport des neurosciences dans la recherche décisionnelle.
Cela pourrait être surprenant à ceux qui pense que la recherche en neurosciences viserait à démontrer que nous ne somme que des assemblages neuronaux robotisés et pré-déterminés.

Pas  pour « nous », trop heureux de voir à quel point nos maîtres ont été des précurseurs il y a déjà 40 ans et bien avant que les neurosciences ne s'intéressent à « tout ça ». La « Science du cerveau » commence à reconnaitre  le « libre-arbitre » (certes encadré de déterminismes ) de l’être humain. Et l’importance de l’émotionnel.
 « Si nous sommes coupés de nos émotions, les décisions les plus banales deviennent impossibles à prendre. Un cerveau qui ne ressent rien ne peut pas se décider. » 

. « Sans les symptômes désagréables que déclenche en vous le fait de vous tromper, votre cerveau ne modifiera jamais ses modèles. Pour réussir, vos neurones doivent d’abord commettre des erreurs à répétition. » Lehrer 

Il y aurait beaucoup à dire — nous dirons certaines choses — sur cette absence du droit à l'erreur qui caractérise la société contemporaine.

La citation ci-dessus me rappelait une chercheuse du CNRS, que j'avais eu en stage et qui m'expliqua l'objet de sa recherche. C'était complexe et je ne saurais l'expliquer ici. Il s'agissait, au final, d'ajouter une décimale à une formule fondamentale. Pour y arriver il fallait multiplier la même expérience « scientifique »  qui nécessitait des heures de préparation. Elle en était à je ne sais quel nombre de « renouvellements de l’expérience », échelonnés depuis trois ou quatre années. Elle ne désespérait pas d'aboutir à un résultat, c'est-à-dire à reproduire moulte fois la même chose obtenant le même résultat. Qui aurait permis d'ajouter la fameux décimale à la formule…
j'avais écouté avec beaucoup de sérieux. Intérieurement à la fois cela m'amusait, et à la fois j’admirais cette humilité de la « chercheur du CNRS » qui 100 fois sur le métier remettait son ouvrage…

Un expert, « c’est une personne qui a commis toutes les erreurs possibles dans un domaine très étroit » disait Niels Bohr.

En commentaire nous observions combien il fallait demeurer dans cette grande humilité du chercheur. C'est-à-dire de celui qui ne cesse de balbutier, se tromper, reprendre, se tromper encore, reprendre toujours, pour finir aboutir à un petit quelque chose. Mais un petit quelque chose qui marque une étape.

Donc voilà.
La semaine prochaine, nous avons une nouvelle réunion. On va remettre l'ouvrage sur le tapis…

Et en plus, avec bonheur…

mardi 14 mars 2017

Pendant la pause, l’écriture continue.

La lecture aussi.
J’ai reçu ces derniers temps plusieurs ouvrages écrits par des personnes que je connais et qui ont eu recours à l'auto édition, ou à de petits éditeurs, pour des tirages limités à un cercle restreint.
Ce sont des livres de témoignages, de cheminement spirituel, d'aventures singulières, bien loin de tout ce que le monde ambiant porte au pinacle actuellement ou voue aux gémonies. Ce qui d'une certaine manière revient quelque peu au même…

Deux de ces livres m'ont fait un bien profond. Ils me donnent à lire les réalités vraies de l'expérience humaine exposée dans sa réalité et même sa brutalité. En ce sens ils sont, à mes yeux, particulièrement personnalisant.
Ces deux ouvrages, très différents l'un de l'autre, l’un est écrit par un homme, l'autre par une femme, sont les fruits de réflexions longuement mûries et tirées d'une expérience vécue.

Ils m’ont fait un bien profond. Je me répète.
Probablement aussi parce que je connais les personnes dont il s'agit et que je sais que leur écriture n'est pas « du baratin », comme on en voit en dans ces « livres prêcheurs » des syncrétistes à la mode et à la lumière éteinte, bourrés de recettes et de bons conseils, élaborés par des personnes dont l'ordinaire de la vie n'a rien à voir avec ce qu'ils écrivent. Je sais aussi de quoi je parle vis-à-vis de certaines « célébrités »… par égard pour eux/elles, et à leur bêtise inconsciente, je ne donnerai pas de noms.
 « Faites ce que je dis, pas ce que je fais », a encore un bel avenir… et pas que dans le monde vérolé des politiques actuels.

Ces deux ouvrages m’ont fait beaucoup de bien. Lequel ?
Ils me font descendre, redescendre, vers les profondeurs les plus lumineuses de ma personne ; les zones les plus denses de mon roc d'existence ; vers ma perception la plus heureuse qui puisse exister : celle du creusement du sillon fécond de l'existence humaine.
Dans leurs écrits, je me retrouve, alors que l'expérience est absolument différente de la mienne, pour ne pas dire à l’opposé, parfois.

Il ne faudrait pas penser que tout cela correspond en moi à je ne sais quelle allégresse délirante échevelée. Au cœur même de ces profondeurs, c'est un certain sentiment de gravité qui m'habite. 
. Gravité au sens d'un sérieux intense, de ce qui ne peut être considéré avec légèreté.
. Gravité mêlée aussi de l’autre sens de ce mot, c'est-à-dire de certaines caractéristiques dangereuses de nos sociétés actuelles, qui ont blessé bien des gens et laissé des séquelles invalidantes de la pensée, du corps et des comportements.

Il ne faudrait pas penser que tout cela correspond en moi a une forme de désespérance. Je demeure avec l'imprégnation viscérale dans tout mon corps et tout mon être des extraordinaires possibilités humaines, largement sous-employées, qui offrent toujours, à chaque instant, la possibilité de revenir dans la lumière et de quitter les ténèbres dans lesquelles certains/certaines prennent un intense plaisir à tenter de nous plonger.



Photo AlainX

dimanche 26 février 2017



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BLOG EN PAUSE
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Suis à la recherche d'une nouvelle formule
si je la trouve

vous en serez les premiers informé(e)s

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Complément : Je précise que mon blog "Le Voyageur de l'Aube" évoquant la recherche spirituelle, demeure actif.

vendredi 3 février 2017

Belles images....

Une fraction de seconde aura suffi pour que l'explosion se fasse dans le cerveau et qu'une multiplicité d'images et de sensations soient extirpées des profondeurs de la mémoire.
Je la revois tout à coup cette Directrice d'école à la retraite, ses habits noirs sur son corps plat est presque décharné. La collerette blanche autour du cou. Et cette voix précise, mal perchée, qui détachait chaque syllabe comme si elle était en permanence en train d'énoncer une dictée.
C’était une amie de ma mère, souvent en visite. Elle avait l'art de raconter, non sans un certain talent, l'ordinaire de ses jours insipides, dont elle savait faire des événements exceptionnels.

Elle était veuve depuis longtemps. n'avait qu'une fille, mariée, dont elle ne cessait de vanter les mérites. Mais ce n'était encore rien, à côté de son gendre. Elle prononçait « mon geeendre » avec une rare préciosité, comme si elle évoquait je ne sais quel trésor précieux, irremplaçable, et pour tout dire unique au monde.

Parfois, certains jeudis, ma mère m'envoyait chez elle, en tramway à l'autre bout de la ville. Elle était censée améliorer mon bulletin scolaire, et m'éviter les zéros en orthographe. J'en garde un souvenir mitigé, entre les instants où je tentais de m'appliquer et réfléchir au vocabulaire, aux accords divers, participes passés présents et à venir, où elle se montrait ferme sans être vraiment intransigeante. Elle devait considérer mon cas comme désespéré ; et des moments où elle m'accordait des sortes de « récréations ». Elle allait chercher, dans je ne sais quelle pièce dérobée, des illustrés anciens, aux odeurs de poussière et de rance. Illustrés qu'il fallait cependant feuilleter  avec le plus grand soin.



C’est la vue sur le net de dessins de ce genre,  sur lesquels je m'arrêtais longuement, qui a fait remonter le souvenir. Je désirais en comprendre toute la signification et mon esprit vagabondait au milieu de cette grande pièce, dans cette maison bien trop vaste pour une femme seule.

J’avais oublié. J'avais oublié ces visites-là. Les dictées. Les illustrés.
J'avais oublié l'ambivalence de mes sentiments du moment.
Cette femme, dont je n'aurais pas voulu comme mère, mais qui semblait peut-être avoir un comportement plus ajusté que la mienne ; qui n'élevait pas le ton à tout instant pour la moindre faute ; qui tentait d'expliquer ce que je n'écoutais guère. Et qui m'a accordé des minutes de divertissement, certes limités, mais les illustrations du genre de celles que je reproduis ici furent mes minutes d'évasion, comme si j'avais la faculté de me transporter dans un ailleurs, si ce n'est un meilleur, au moins plus supportable que la réalité.

Les jeudis où j'avais un peu progressé, tandis que je consultais toujours les mêmes vieux livres, elle se rendait dans sa cuisine, en revenait avec quelques gâteaux secs sur une assiette blanche. Elle les tendait vers moi en disant quelque chose du genre :
— C’est un peu mieux aujourd’hui. Tu peux prendre un gâteau.

Il y a quelques années, mon frère, historien familial, m'a transmis quelques lettres de cette directrice d'école en retraite, envoyées à ma mère et qui parlait de moi. Entre-temps j'avais eu la polio. Elle était emphatique dans ses compliments à mon égard. Petit garçon courageux, bien éprouvé, qu'elle admirait. Et puis, bien entendu, elle priait pour moi… Tout le monde a prié pour moi…


lundi 30 janvier 2017

Comme un air de nostalgie…

Cela faisait déjà quelques années que je pensais à numériser des vieilles cassettes-audio. Elles étaient bien rangées dans une boite… attendant….
Je me suis décidé à commencer ce WE. 
Il faut numériser « en temps réel », ce qui fera des heures d’enregistrement.

Mon matos de l'époque

J’aimais cela : jouer au reporter radio… Enregistrer la famille, des interviews, des sons saisis sur le vil dans les fêtes de famille « à l’ancienne », chacun y allant de sa chanson que l’on connaissait par coeur, des histoires drôles, toujours reprises, comme la tradition y obligeait. Chacun était heureux et fier de remettre ça avec la complicité bienveillante d’un public familial conquis d’avance…



Début des années 1980 : Réentendre, la voix de ma mère, celle de mon père, de mes enfants tout jeunes… et d’autres personnes, aujourd’hui disparues….l’émotion me saisit….
micro qualité pro !
Surtout la voix de ma mère :  si « juvénile », délicieusement acidulée,  sa convivialité légendaire, son allant lorsqu’elle était dans ses phases positives et joyeuses… Une si jolie voix lorsqu’elle chantait les chansons d’amour des années d’avant-guerre…  J’avais oublié ces temps heureux avec elle. Il y en eut tant d’autres vécus dans la douleur…

La voix de mon père, et cette surprise que la mienne, avec le temps sans doute, y ressemble tellement. Un moment j’ai quasiment cru que c’était moi… Mais, ma propre voix de l’époque est plus .. jeune… qu’aujourd’hui. Son évolution m’a surpris, et encore plus de constater que j’ai aujourd’hui quasi « celle de mon père »….

Et aussi le chant en famille. Notre petite cellule familiale. Ma compagne et sa guitare, nos deux filles, moi.  Ou alors la bande son, genre karaoké, mes filles et moi, chantant du Goldman….
« il faudra leur dire »…. Un vrai petite réussite…. j’ai même les enregistrements des « répétitions », avec leurs ratages, les niveaux de son mal équilibrés, moi qui déraille,  etc… et la réussite finale !!
Que de souvenirs… presque oubliés…. 

Une nostalgie ?
Oui, un peu bien sûr, mais surtout une allégresse à posteriori. Comme le constat des « fruits d’aujourd’hui »… Comme si, un jour peut être, j’arriverai à dire : 
— Voila ! ce ne fut pas si mal nos vies, on n’a pas si mal réussi. Le « bon à rien » ne fut peut-être pas si mauvais après tout !
Car elle est toujours là cette image négative incrustée. Comme les vieilles images, elle a commencé par jaunir d’elle même, puis j’en ai arraché des morceaux pour les déchiqueter, pour mettre un terme à cette fausse propagande du fils mauvais…
Mais il reste des traces sur le dazibao. 
On me l’avait dit, il en restera, ne serait-ce que les traces de la colle, de ce qu’on t’a collé sur le visage et le corps.

Merci à ceux qui inventèrent la bande magnétique, le magnéto portable à cassettes, le microphone haute qualité, et aujourd’hui la possibilité de numériser ce qui aurait disparu sans cela. 

La passé rendu vivant extérieurement, revitalise ce qui reste en soi de vie qui ne finira pas.
Ainsi de transmission en trans-mission, d’enrichissement de vie et enrichissement de vie, et comme chantait Jean Ferrat « le Monde sera beau »….


N’en déplaise aux déclinistes aigris, désespérés de vivre et avides de nous voir tous mourir, en nous promettant l’Apocalypse demain matin…