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lundi 11 septembre 2017

Mauvaise fortune


Il arriva là où il aurait fallu partir.
On quitte  toujours nulle part, pour aboutir ailleurs.
Il n'en reviendra pas
trop loin, c’est trop loin.

En chemin, les pertes sont intenses
mieux faudrait embarquer sans rien
pour revenir chargé de tout
Tout ce qu'il faudra déposer
trop de fardeaux, c'est trop de poids.

Le destin lui remplit le ventre
bedaine que l'on traîne.
Surcharge pondérale
qu'il ne peut pondérer.

Pour regagner le port
Les passes sont étroites
pour qui navigue à l'estime
sur le frêle esquif
d’une existence incertaine.

Il accosta cependant
pensant s'établir
s’installer
demeurer
pénétrer le sens des choses.

Il ignorait être parvenu à la fin
la vie riche qu'il espérait
était en cessation de paiement.



23 commentaires:

  1. C'est un poème magnifique ! Dire en de simples mots, la loi de la vie où rien ne dure, car tout est éphémère et autant s'assagir dans ses comportements de tous les jours en évitant les superflus et veiller à rester zen. Belle nuit

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    1. Voilà une analyse fort intéressante de ce que je me suis laissé écrire…
      Et c'est assez juste en effet…
      merci

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  2. Bonjour AlainX.
    Texte très fort... mis à part la surcharge pondérale, et le fait que tu écris au masculin je m'y reconnais presque !

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    1. La surcharge pondérale était toute symbolique !
      La vie — parfois — comme un fardeau difficile à porter…
      (Et merci d'avoir relayé ce petit texte chez toi...)

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  3. Des mots très vrais pour exprimer notre passage sur l'océan de la vie,
    océan fait de calmes plats et de tempêtes...

    "A toutes deux, à ma maison et à ma route,
    je leur dis:
    "Je n'ai ni passé ni avenir,
    Si je séjourne ici,
    il y aura
    un départ dans mon séjour;

    Si je pars,
    il y aura un séjour dans mon départ...

    Seuls l'amour et la mort changent toutes choses...
    Khalil Gibran...Le sable et l'écume

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    1. Merci pour ce commentaire et cette citation.
      Je découvre ton blog et ton talent de mettre en images et en scène tes propres textes ainsi que des citations intéressantes.

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  4. La vie, comme la mer, ne fait pas de cadeau. Mais aucune n'est méchante.
    merci pour ce beau poème.

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    1. Merci à vous de me donner l'occasion de découvrir votre blog que je ne manquerai pas de consulter.
      Étant moi-même participant à des ateliers d'écriture.

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  5. Faire se cogner les mots, en jouant de leur sens
    J'aime bcp ton poème, Alain!

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    1. … À moins que les mots ne se cognent tout seuls…
      un peu comme dans la vie, quoi !
      Merci d'apprécier ce poème, d'autant que je sais que tu parles en connaisseuse.

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    2. j'aime ce que tu dis plus loin (en commentaire de Célestine):
      pour moi aussi la poésie qui me touche, c'est la poésie "libre" hors du carcan des rimes, des pieds...
      juste la sonorité et le balancement de la phrase
      sa musicalité en fait!

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  6. Charlotte12/9/17

    Donc... Vivons si vous m'en croyez, cueillons dès aujourd'hui les roses de la vie.

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    1. … Avant qu'elles ne fanent !

      ;-)

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  7. J'aime quand tu laisses exprimer le poète en toi.
    Toi qui sais combien les métaphores marines me parlent.
    Ça me permet de te dédier aussi mon dernier billet.
    Bises cher Babar 💜
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Depuis ma jeunesse, je l'ai souvent laissé s'exprimer…
      mais c'est resté dans le fond du tiroir… ou cela a terminé dans la corbeille…
      la poésie ne vaut que lorsqu'elle jaillit de l'intérieur, sans construction autre que sa propre structure.
      Le reste est composition en chambre tournant à la décomposition.
      C'est en tout cas ma manière de voir.
      Seuls les jaillissements me font vibrer… en tous domaines… !

      Ah ! Tu me dédies AUSSI ton dernier billet…
      cela atténuera quelque peu mon énorme jalousie !
      heureusement que Bizak a dits du bien de ce poème…
      (*Rires*)

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    2. Tu sais que je ne suis que jaillissements moi-même, et que cette lettre au poète a jailli en réponse à une très belle lettre de Bizak.
      Mais cela n'enlève rien au fait que tu es, toi AUSSI, un poète de l'instant. Ce sont les meilleurs.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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    3. Je te taquinais Chère Céleste !!
      ;-))

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  8. Je ne résiste pas au désir de vous mettre en liaison, ton poème profondément beau (mais tragique) entre en résonance, du moins pour moi, avec celui-ci http://www.chemindesjours.com/2017/09/des-pas-sur-le-sable.html?utm_source=_ob_reader_admin&utm_medium=_ob_reader_admin_fr#ob-comment-ob-comment-91219661

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    1. Ah oui ! C'est très intéressant !…
      Le texte en forme de sablier j'aime beaucoup, ainsi que son contenu…
      merci pour ce parallèle

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  9. Très beau et touchant poème. Merci !

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    1. Merci à vous de le dire…

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  10. Il faut toujours essayer d'alléger sa vie. Rien ne sert de s'encombrer inutilement. Ton texte est original.

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    1. C'est vrai, nous portons souvent des fardeaux inutiles …
      Après on a mal au ventre, ou au dos…!
      :-)

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